L'Avant-Scène Opéra est éditée par les Editions Premières Loges

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Opéra et mise en scène


Sommaire


Numéro publié sous la direction de Christian Merlin

Les questions de fond   
Christian Merlin : Pourquoi ce numéro ?
Christian Merlin : Les grandes tendances de la mise en scène
André Tubeuf  : Droits et devoirs du metteur en scène
Pierre Michot : Mélomane et Drammophile   

Les choix du metteur en scène   
Ivan A. Alexandre : Lost in transposition
Alain Perroux : Entre le concret et l’abstrait
Pierre Flinois  : Le rôle de la technologie
Alain Perroux  : Le metteur en scène : interprète ou créateur ?
Jean Cabourg : Académisme et modernité
Piotr Kaminski : Comment servir Mozart ?
Isabelle Moindrot : L’opéra en version de concert   

Qui sont-ils ?
Pierre Flinois : Les chefs d’orchestre
Alain Perroux : Les hommes de théâtre
Alain Perroux  : Les scénographes
Christian Merlin : Les cinéastes
Christian Merlin : Les plasticiens   
Pierre Flinois : Les chorégraphes

TOP 20 ou les Cas d’école, de 1955 à 2006   
Atys, par J.-M. Villégier
Boris Godounov, par H. Wernicke
La Clémence de Titus, par K.-E. et U. Herrmann
Don Carlos, par P. Konwitschny
Don Giovanni, par M. Haneke
Katia Kabanova, par C. Marthaler
Madame Butterfly, par B. Wilson
Les Noces de Figaro, par G. Strehler   
Pelléas et Mélisande, par P. Strosser   
La Petite Renarde rusée, par Felsenstein
Platée, par L. Pelly
Le Ring, par P. Chéreau
Le Songe d’une nuit d’été, par R. Carsen
Theodora, par P. Sellars
La Tragédie de Carmen, par P. Brook
La Traviata, par L. Visconti
La Traviata, par P. Mussbach
La Trilogie de Monteverdi, par J.-P. Ponnelle
Tristan et Isolde, par W. Wagner
Tristan et Isolde, par O. Py


Sélections CD et DVD   
 par Jean Cabourg,  Alfred Caron, Chantal Cazaux, Pierre Flinois, Jean-Charles Hoffelé,
Christian Merlin, Denis Morrier, Timothée Picard et Didier van Moere


Opéra et mise en scène

Avant Scène Opéra N°241
ISBN 978-2-84385-245-9
Année de parution 2007
120 pages
nouveauté novembre 2007

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22 €

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Pourquoi ce numéro  par Christian Merlin
Parce que depuis quelques années, toute discussion à propos de l’opéra se cristallise sur la question de la mise en scène, et qu’elle le fait immédiatement sur un ton polémique. On crie à la dictature du metteur en scène, que l’on accuse de tous les maux : il a les pleins-pouvoirs que détenaient autrefois la diva, puis le chef d’orchestre, il est inculte, égocentrique et incompétent, trahit les œuvres pour choquer le bourgeois sous prétexte de modernisation. L’amateur d’opéra ne cache plus sa colère : huer le metteur en scène est devenu sport national. Jusqu’à ce que Philippe Beaussant, en écrivant La Malscène, se fasse le porte-parole habile et brillant des dénonciateurs excédés : les metteurs en scène sont en train de tuer un genre qui existe depuis quatre siècles. En lui répondant dans ces colonnes, j’avais tenté de prendre le contre-pied en défendant l’idée que la modernisation de la mise en scène lyrique est un progrès, qu’elle a contribué à rapprocher l’opéra du théâtre et, ainsi, à renforcer le message de la musique. Qu’on a vu des modernisations ratées, mais que même lorsque l’on se sent agressé par les spectacles iconoclastes d’un Sellars ou d’un Marthaler, notre perception de l’opéra en est durablement enrichie, car ce sont des hommes de théâtre et non des charlatans. Que même lorsqu’ils échouent, ils restent plus intéressants que les autres. Qu’on connaît des chefs d’orchestre qui ferment les yeux en dirigeant pour ne pas voir le spectacle, ou des chanteurs agacés de devoir porter treillis et mitraillette, mais aussi des dizaines de chefs heureux d’être associés à un travail théâtral complet, ou de chanteurs qui s’ennuient dans les mises en scène traditionnelles et sont stimulés de voir leur talent théâtral autant sollicité que leurs aptitudes vocales. Je concluais qu’une époque où l’on peut comparer non seulement les interprétations de Rattle et Boulez, Gardiner et Harnoncourt, Abbado et Muti, mais aussi celles de Chéreau et Wilson, Sellars et Carsen, Bondy et Marthaler, n’est pas une époque de pauvreté mais de richesse, et que même les inévitables ratés ne doivent pas nous faire tomber dans le confort trop facile du « c’était mieux avant ». Et j’appelais de mes vœux une réponse étayée qui pourrait s’intituler Ne tirez pas sur le metteur en scène.
Il eût été facile de faire de ce numéro une plaidoirie. Nous ne l’avons pas voulu. Toute la palette des avis doit s’y exprimer : du jeune loup au vieux ronchon. Mais nous ne voulions pas pour autant une tribune d’opinion : un débat aussi riche a plus à perdre qu’à gagner en se réduisant au pamphlet. Nous avons voulu mener une étude de fond, qui équilibre les points de vue et met les questions en perspective, historique, esthétique, philosophique, morale même. Nous n’avons pas pour autant bridé nos auteurs : la liberté de ton reste totale, mais le cahier des charges demandait de faire passer l’argumentation construite avant la formule facile, la réflexion théorique avant l’attaque personnelle. De quoi parle-t-on quand on évoque la « mise en scène moderne », terme qui englobe tant de réalités différentes ? Quels sont les droits et devoirs du metteur en scène ? Est-il un interprète ou un créateur ? Y a-t-il une seule manière d’être « fidèle » à une œuvre ? Faut-il traiter les indications scéniques avec la même précision que les notes de musique ? Mêlant approche historique et analyse de notions, ce numéro ne prétend pas faire le tour de la question, mais fournir des outils pour échapper aux caricatures.